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Le Havre
Voici la dernière partie du témoignage de Jacques Delaune, 72 ans, habitant de la région parisienne, qui se passionnait pour les tramways lorsqu'il était enfant, à Saint-Vincent.
« Ma mère avait travaillé dans les bureaux de la rue Jules-Lecesne, avant la guerre. Or, dès que je fus en âge d'aller au collège, je me rendis chaque matin dans les baraquements du collège moderne. La station se trouvait au bout du boulevard de Strasbourg, près de la gare. Et je passais avec fierté devant les grilles ouvertes du garage aux tramways, à l'encoignure des rues Lesueur et Lecesne. Et là, je voyais les tramways alignés sous leur préau : toutes les voies entrelacées me fascinaient. »
Rails et aiguillages
« J'aimais mes tramways du Havre. Dans notre jardin des Quatre-Chemins, je traçais, tout autour de la pelouse centrale, à l'aide d'un râteau - au grand dam de mon père - des rails avec aiguillages et voies de garage. Et je restais des heures entières à jouer au tramway imitant des stations et des temps de pause. »
« Les voisines du troisième étage de la maison d'en face se postaient à leur fenêtre dès mes premiers "Sting sting" de la journée et y demeuraient des heures. J'appris un jour qu'elles pleuraient en me regardant, un garçonnet de mon âge… C'est ça aussi la guerre ! ».
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Article paru le : 18 septembre 2009
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